Voilà, mon nouvel atelier en détention a commencé. Cela faisait plusieurs années que j’attendais cela. Avec des participantes volontaires de la maison d’arrêt des femmes à Fleury Mérogis, nous allons faire un film sur l’histoire des suffragettes britanniques. Parce que c’est bien plus intéressant de faire ça à deux, j’ai proposé à Marion Lary, réalisatrice de documentaires de m’accompagner dans cette aventure…
Où se sent-on chez soi ? Est-ce forcément un lieu, une maison ? Et que cela signifie-t-il ? Avec 15 jeunes d’Allemagne, de France et de Slovénie, nous sommes parti·es à la rencontre d’hommes et de femmes qui ont vécu dans les baraques de la reconstruction à Coutances. La ville avait été détruite à 65% par les bombardements alliés le 6 juin 1944. Ces baraques symbolisent un moment suspendu entre la perte et l’espoir, les ruines et le futur. Certaines de ces simples maisons sont toujours debout. Nous avons été accompagné·est et aiguillé·es par les inoubliables Fabienne Lerouge, Didier Saymard et Marion Penvern tous les trois membres du collectif de sauvegarde des baraques coutançaises et accueilli·es par mon ami de longue date Christian Savary. Pendant une semaine, nous avons filmé, enregistré, photographié les baraques et leurs habitant·es d’avant, nous avons plongé dans leurs souvenirs. Nous avons passé du temps aux archives municipales avec Véronique Goulle.
Ce projet est mené par notre trio avec Anja Medved, réalisatrice slovène et Frank Morawietz, responsable de projets européens à Berlin. Il est soutenu financièrement par l’office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ). En 2027, il se poursuivra en Allemagne puis en Slovénie.
Pour en savoir plus sur les activités menées par le collectif de sauvegarde des baraques et pour admirer les peintures des baraques faites par Marion Penvern, c’est ici :
Retour à Visegrad est produit par Louise Productions et diffusé en Suisse par Outside the Box et dans les autres pays par Louise Productions. Si vous voulez organiser une projection de mon film en France, vous avez plusieurs options :
vous contactez Louise Productions : production@louiseproductions.ch
Du 3 au 10 septembre dernier, j’ai participé au nouveau voyage d’études de Memory Lab. Pendant une semaine, notre collectif informel et européen s’est reterouvé une nouvelle fois après quatre ans d’attente à cause du covid. Il rassemble des acteurs de la société civile, des membres d’associations de survivants des guerres yougoslaves, des personnes travaillant dans des musées et centres mémoriels, des universitaires et des praticiens. Tous ensemble, nous sommes partis sur les traces de l’histoire alsacienne depuis le milieu du XIXème siècle de sa mémoire déchirée entre l’Allemagne et la France. En passant par le mémorial du Hartmannswillerkopf, celui de Schirmeck, Verdun, l’ossuaire de Douaumont, le village de Fleury et le Struthof, nous avons plongé dans les enjeux brûlants de la mémoire des guerres pourtant anciennes. Nos échanges furent passionnants. Vive les lieux où des gens ayant des pratiques différentes mais un intérêt – une obsession commune, la mémoire des crimes – se retrouvent et discutent !