Un travail au long cours dans les Balkans

Depuis de nombreuses années, je vais dans les Balkans : Bosnie-Herzégovine, Serbie, Kosovo, plus rarement Croatie et Albanie. Lorsque je travaillais dans les ONG, tout était détruit et l’avenir était incertain ‘là-bas’. Les choses ne sont pas plus sûres ou réjouissantes aujourd’hui mais elles sont devenues incertaines ‘ici’ et ailleurs, disparition de la biodiversité et réchauffement climatique “aidant”. Je continue à m’y rendre. Et je m’y sens bien aujourd’hui comme hier. Mon regard change, nos rapports se transforment. Une vraie relation vivante.

Retour à Višegrad, mon premier long métrage documentaire

Quatre années de travail, d’écriture, de voyages, de séjours à Višegrad et aux alentours, quatre années de repérages, de tournages, montage et de post-production s’achèvent.

© Retour à Višegrad, Louise Productions.

Je n’étais pas seule dans cette aventure. Il y a d’abord eu ma productrice, Elisa Garbar qui y a cru, puis Antoine Jaccoud appelé en renfort pour l’écriture et à qui j’ai ensuite proposé de réaliser ce film avec moi. Ensuite il y a eu les tournages pendant un an avec notre équipe, chef op, ingénieur du son, chauffeur, traducteur interprète. ,

© Retour à Višegrad, Louise Productions.

puis notre monteur, et l’équipe d’étalonnage et de sound design et de mixage. Voilà, en plein confinement planétaire, mon premier film documentaire est terminé. Alors j’attends que les salles de cinéma réouvrent, que des festivals aient lieu pour de vrai, que notre distributeur puisse envisager une sortie. Je suis à la fois extrêmement heureuse qu’il existe enfin et très frustrée de ne pouvoir le montrer et le voir dans une salle de cinéma. Il va falloir attendre encore et ne pas lâcher.

© Amel Djikoli
Antoine Jaccoud et moi, pendant le tournage en février 2018 dans une charmante petite auberge près de Sutobica, en Vojvodine.
© Antoine Jaccoud

Memory Lab

Toutes les initiatives collectives, interdisciplinaires en lien avec les Balkans me nourrissent. Je participe avec un plaisir constant depuis des années à Memory Lab, un réseau d’échanges européens sur la manière de raconter, de transmettre (par l’écrit, la muséographie ou par l’image) les crimes de masse du XXème siècle. Chaque année, nous visitons ensemble un pays afin d’explorer comment il raconte et assume son histoire. Au sein de Memory Lab, je ne filme pas. Je prends des photos, je discute, j’échange, j’enquête. Je me ressource.

http://www.memorylab-europe.eu/

Exploring hidden history (2016)

Des jeunes d’Allemagne, de France, de Bosnie et de Serbie sont partis ensemble, encadrés par 4 associations, sur les routes de Serbie et de Bosnie pendant 10 jours. Peu à peu, en visitant les lieux (Belgrade, Srebrenica, Prijedor) et en rencontrant les témoins, ils découvrent que l’histoire peut être encore brûlante. Je les ai suivis et j’ai réalisé un film à la demande de YIHR de Bosnie, Na Pola Puta de Serbie, le Max Mannheimer Studienzentrum d’Allemagne et le CCFD-Terre Solidaire de France. Le voici :

No Name (2011)

En 2011, je me suis formée à la réalisation documentaire aux Ateliers Varan. J’y ai réalisé mon premier film documentaire No name. Milomir Kovaćevič est photographe originaire de Sarajevo. Il vit à Paris depuis qu’il a dû fuir son pays pendant la guerre. Je l’ai suivi dans ses déambulations parisiennes en cherchant à rendre visibles les traces de son passé. Pour voir le film en français :

Pour voir la version bosnienne du film, c’est ici : https://vimeo.com/juliebiro/noname-bcs